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GO BIKE HOME

3700 km sur mon vélo, du nord des îles Shetland au Lot et Garonne, à travers l'Ecosse, l'Angleterre et la France .

PAYS DE LA LOIRE/ non à l'aéroport, littoral bétonné, hôtellerie de plein air, marais, digues et polders

Publié par Vincent Souyri sur 18 Juin 2013, 23:09pm

De Blain à l'Aiguillon-su-Mer

De Blain à l'Aiguillon-su-Mer

On y pense forcément en roulant...

Barrage dans la Zone A Défendre de Notre-Dame-des-Landes

Barrage dans la Zone A Défendre de Notre-Dame-des-Landes

Jour 47


 BLAIN-COUËRON

( 38,8km , 2h26, TOTAL: 3003 km)


 OBJECTIFS : Passer les barrages de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, éviter Nantes et rejoindre la Loire à Couëron.


Étape de semi-repos avec un tout petit kilométrage. Le chemin « normal » passe par le centre de Nantes mais au dernier moment je n'ai plus eu l'envie de me retrouver dans une grosse ville. Alors j'ai coupé par la "zone dangereuse"...au milieu des anarchistes révolutionnaires et des écologistes pacifistes, par  Notre-Dame-Des-Landes, célèbre lieu de lutte contre l'implantation du grand aéroport de Nantes. Autant le dire de suite ma journée sera sans aucun intérêt. Même en ralentissant je ne trouve rien pour m'arrêter, ni monument ni beaux paysages. Juste des champs et un peu de forêt parfois. Le passage dans la ville rebelle est quand même assez marquant. Tous les panneaux dans les environs sont marqués à la bombe, recouverts d'autocollants, de petits dessins. Les gens affichent dans leur jardin des banderoles, des textes, des phrases chocs. Le centre-ville de Notre-Dame-Des-Landes m'accueille d'emblée par la phrase obligatoire sur la nécessité d'une révolution. D'autres phrases affichent la haine du capitalisme, voire du riche tout simplement. Pas bon se promener en Porsche dans le coin. Je passe devant un bar rempli de gars qui refont le monde devant quelques verres.Le genre d'endroit où je ne me sentirais pas à l'aise. D'ailleurs je ne me sens pas confortable dans ce combat. Tous ces saccages, ce vandalisme même sur les façades de belles maisons, cette faune avec tous les problèmes internes, cette lutte commune mais pour des idéaux différents doit ressembler de l'intérieur à une compagnie de musiciens sans chef d'orchestre. Des rappeurs et des violoncellistes qui tous veulent se faire entendre. D'ailleurs lors d'un barrage au milieu de nulle part, à un croisement, je vais lire sur les affiches quelques rappels à l'ordre pour que l'union des opposants soit constructive et pour que l'énergie soit employée à lutter contre l' énemi extérieur et non pour les problèmes internes. Tout est calme aujourd'hui mais j'imagine un peu la bêtise de certains paumés qui pourrait gâcher la bonne volonté de la plupart des autres. M'éloignant de la zone de lutte, je retrouve des panneaux presque vierges et la petite ville de Couëron en bordure de Loire. Arrivé un samedi, je trouve encore tout fermé, un silence de mort et une animation me poussant à errer un peu partout à la recherche d'un endroit où me poser. Ce sera d'abord le bord de fleuve, qui me rappelle un peu le St-Laurent, en moins grand. Puis le groupe scolaire et ses bancs publics. 3 heures à attendre, pas très excitant. La soirée le sera heureusement bien plus avec le couple qui m'héberge ce soir. Nous passerons la soirée avec leurs amis à discuter de sujets très variés, de nos séjours à l'étranger à la digestion du lait en passant par la sexualité des ornithorynques. Très bonne ambiance et encore une réussite Couchsurfing. Rencontrer des inconnus à 16h et passer la soirée comme avec de vieux amis, royal non ?

Pornic

Pornic

 

Jour 48


 COUËRON-LA BERNERIE-EN-RETZ

( 84,1km ,5h02 , TOTAL: 3088km)


 

OBJECTIFS : Longer le canal de la Martinière et la Loire jusqu'au pont de St-Nazaire , rejoindre l'océan vers Pornic et goûter aux joies de la foule du dimanche


 

Pas pressé ce matin alors je prends mon temps de déguster mon énorme petit-déjeuner à base de lentilles aux lardons. J'ai toute ma journée du dimanche pour rouler environ 75 km de plat sous le soleil, au bord d'un canal, de la Loire ou de l'océan. Je commence par prendre le petit bac gratuit qui traverse le plus grand fleuve français pour me transporter sur la rive en face, vers Le Pellerin. Sympas ces petites traversées qui auront toujours plus de charme qu'un pont quelconque traversé souvent sans émotion. Je roule ensuite le long du canal de la Martinière, observant quelques sculptures ou quelques écluses ( bien plus imposantes que celles du canal de Nantes à Brest). Pas mal de cyclistes ce dimanche. Des pêcheurs aussi et des gens qui piqueniquent sur les nombreux coins proposés le long des berges. C'est calme et monotone mais aussi apaisant. Vers Paimboeuf je traverse quelques zones industrielles désertes pour finir par une grosse route qui me mène jusqu'à St-Brevin. Au fond se dessine déjà l'imposant pont de St-Nazaire ainsi que quelque complexe de pétrochimie. St-Brevin est une station balnéaire bien calme, entre fleuve et océan, pas ultra glamour mais quelques personnes osent la bronzette et la baignade dans l'eau un peu boueuse. Quelques pontons, des bateaux, des villas balnéaires et une promenade le long de la plage. Du classique, sans grand éclat. A St-Michel-chef-chef (drôle de nom) je rate de peu au niveau des horaires la boutique des délices de St-Michel, célèbres pour les galettes éponymes. Hormis cela le village ne présente pas d'intérêt. Chemin ensuite entre les villas, dans la forêt, le long de la grosse route, dans des tunnels...Je me crois déjà en Aquitaine, flânant dans les villas d' Hossegor hors saison. Je ne me sens déjà plus en Bretagne ( ce qui est le cas) et en mode côte Atlantique pour quelques jours. Arrivé sur Pornic je me retrouve au milieu de la foule des grands jours autour du port. On dirait Soulac-sur- Mer au mois d'août, avec les queues pour les glaces, les boulangeries, les restaurants, les bancs qui font le plein. J'avoue n'avoir qu'une envie.Fuir ! Ce n'est pas ne pas aimer les gens mais ne pas aimer les foules. La foule ici consomme et regarde. Je la regarde, elle m'observe. Il faut dire que je ne passe pas inaperçu à me faufiler entre les passants ou à l'arrêt sur un banc. Je trouve vite une sortie, contournant le port et m'élevant au milieu des villas. C'est sûrement très charmant un matin d'hiver ou un lundi d'automne, dommage. J'arrive à la Bernerie-en-Retz, petite sation balnéaire dont je ne verrai que la grande rue et ses commerces, à l'heure des glaces. Il est 18h30 mais devant la Fraiseraie, institution locale, c'est toujours le bon moment pour se faire plaisir. Alors je vais faire la queue pour mon premier cornet double du séjour et je ne vais pas le regretter. La soirée sera chez un couple dans une petite maison du village. Le gars est musicien et boulanger bio, prolixe et très souriant, avec des tas d'histoires intéressantes sur les coulisses du monde de la musique. Au menu ce soir, du bar ! Royal et rock n' roll ce canapé.

Pêche au carrelet

Pêche au carrelet

Jour 49


 

LA BERNERIE-EN-RETZ- NOTRE-DAME-DE-RIEZ

( 94,7km ,5h20 , TOTAL: 3180km)


 

OBJECTIFS : Rejoindre la Vendée, y observer le célèbre passage du Gois vers Noirmoutier, sillonner les marais et les ports ostréicoles et finir par longer les fronts de mers bétonnés


 

En début de journée le chemin offre de belles vues sur l'océan et sur les nombreuses cabanes de pêcheurs sur pilotis (les carrelets) . Très calme et très paisible. Y manger son croissant aux amandes seul me comble bien plus, l'opposé de la frénésie des dimanches ensoleillés de Pornic. Au sud de Bourgneuf-en-Retz, je passe en Vendée et circule au milieu des marais et des petits ports ostréicoles assoupis sur des chemins caillouteux mais si tranquilles. Je ne me sens plus très loin de chez moi tant cela ressemble à l'ambiance de mes sorties habituelles dans le Nord-Médoc. De nombreux vendeurs d' huitres ou de moules, mais il est un peu tôt. A l'ouest de Bouin, je choisis la version longue, pas pressé malgré le temps qui pourrait être menaçant. Le réseau cycliste est très développé par ici et il est rare de ne pas trouver un itinéraire ou un panneau réservé aux cyclistes. Je croise un couple de Hollandais à vélo plus âgé que moi mais aussi plus rapide, ou encore un retraité du nom de Lebreton(!) qui rentre à Rennes depuis Avignon. Cela reste très sporadique mais c'est toujours plus de rencontres que sur les routes britanniques. Passage au milieu des champs d'éoliennes, au milieu des champs tout court, c'est campagnard et calme. Arrivé devant le passage du Gois, je suis un peu excité par ce lieu mythique des routes françaises, la célèbre toute submersible qui relie le continent à Noirmoutier. Un grand panneau indique que la route n'est praticable que 1h30 avant et après chaque marée basse. Pour moi la route sera coupée dès le début mais c'est une sacré impression de voir le bitume s'enfoncer sous l'océan. Un ou deux commerces de souvenirs ou de bouche, quelques touristes mais cela reste très agréable comme ambiance. Je rejoins ensuite par une belle route au milieu de marais salants Fromentine, lieu d'embarquement pour le ferry de l'île d'Yeu. On pourrait y définir le terme d'ambiance « hors-saison » : des commerces la plupart fermé, des places de parking vides, quelques locaux qui s'éveillent, des vieux et des tas de bâtiments qui semblent dormir en attendant l'afflux des visiteurs estivaux. Ma foi , c'est agréable, on peut y prendre les ronds-points quasiment à contre-sens et se régaler des sens interdits. Les vieux du coins me font me perdre un peu dans la forêt, je me retrouve même dans un immense camping quasi désert sans pouvoir en trouver la sortie. Je finis par trouver le balisage pour Notre-Dame-de-Monts, sur une belle piste qui passe dans la forêt. Là aussi je me sens déjà en Aquitaine, le dépaysement est terminé, je suis en mode connu. Quasiment personne et des pistes sableuses et caillouteuses sans vue. Pas si intéressant mais calme et assez rapide. Arrivé à St-Jean-de-Monts, c'est le choc. 8 km de plages, et des immeubles à perte de vue le long du rivage. Une vision de Floride ou de Costa Brava. Je ne savais pas qu'il y avait en France, sur notre côte Atlantique un tel déluge de béton. Horrible et impressionnant. Il y a 3 routes: celle des voitures, celle des vélos et celle des piétons. Tout est très large et nickel avec des bancs partout. Des vieux, des appartements quasiment tous fermés en cette saison, une plage immense et quasi déserte, un océan un peu terne avec du clapot. On est loin des majestueuses ambiances des Cornouailles. Je longe sur plusieurs kilomètres cet hallucinant endroit, puis rejoins les satellites. Des petites villes-plages comme le Grand Bec ou La Pège, avec paninis, kebabs, supérettes, terrains de mini-golf, bâtiments désaffectés, terrain vagues pour forains et des hôtelleries de plein air à la pelle ( des campings sans tentes mais avec des mobilhomes). Ce qui se fait de plus mauvais goût sur toute la côte ouest, je pense, et le triomphe du capitalisme et des pots-de-vins face à la protection du littoral. Horrible, je n'irai jamais passer mes vacances ici. Je file ensuite sur Notre-Dame-de-Riez, petit village excentré, dans les terres, où je trouve refuge pour ce soir au bout d'un chemin défoncé, dans le marais, bien loin de cette côte si artificielle.


 

Passage du Gois

Passage du Gois

Jour 50


 NOTRE-DAME-DE-RIEZ-CHATEAU D'OLONNE

( 54,7 km, 3h01 , TOTAL: 3236 km)


 OBJECTIFS : Une courte étape en Vendée pour rejoindre Les Sables-D'Olonne entre dunes, forêts et côte rocheuse


 Départ tardif en fin de matinée pour Sion-sur-l'Océan, prenant mon temps pour cette courte étape de semi-repos. Je commence par rejoindre la corniche vendéenne, piste panoramique qui mène sur les quais du port sardinier de St-Gilles-Croix-de-Vie. Peu de monde et le calme d'un front de mer en semaine par temps maussade. Quelques arrêts rapides comme au Trou du Diable, endroit où s'engouffre la mer avec fracas ou pour observer quelques rochers. Agréable traversée de Saint -Gilles puis le parcours devient dunaire et parfois un peu sauvage jusqu'à la Sauzaie, spot de surf un peu assoupi en semaine et hors saison. Rien de nouveau pour moi, juste le plaisir de profiter des bancs vides face à l'océan ou de rouler dans le calme en longeant la côte. Quelques surfeurs dans l'eau, quelques cyclotouristes sur la piste, quelques clients dans les restaurants de fruits de mer ouverts. Je longe la forêt d'Olonne pour arriver à La Chaume, quartier des Sables-D'Olonne et son port de plaisance imposant que je longe pour arriver aux pontons du Vendée Globe. L'atmosphère maritime est ici bien présente et j'imagine la frénésie des départs et des arrivées de cette course mythique. Cette ville sent le large et les quelques catamarans à quais le rappellent aux oublieux. Arrivé tranquille en ville par des pistes cyclables très sécurisées, le bon point de la Vendée, se pardonnant sûrement de son urbanisation à outrance en choyant les cyclistes. La ville des Sables-d'Olonne est assez agréable en semaine et j'avoue que la vue de l'immense plage déserte est impressionnante. J'y note quelques belles vieilles maisons au milieu quand même de constructions affreuses et de vendeurs de paninis aux noms poétiques ( G fin par exemple...) . Je file sous les premières gouttes pour rejoindre la sortie de la ville, près du petit lac et face à la mer, et rejoins mon appartement à la vue imprenable.J'y rencontre la charmante Sylvaine , qui me loge ce soir. Traductrice à la maison, lettrée et amoureuse des mots, je me sens de suite en accord avec elle et nous échangerons beaucoup sur notre relation passionnelle avec le monde des livres.

Les Sables-D'Olonne

Les Sables-D'Olonne

 Jour 51

 

CHATEAU D'OLONNE-L'AIGUILLON-SUR-MER

(56,3  km,  3h18, TOTAL: 3292 km)

 

OBJECTIFS : Longer la côte vendéenne, ses plages et ses pistes forestières,   entre forte pluie et beau soleil,  pour rejoindre L'Aiguillon-sur-Mer

 

Je passe la matinée à continuer à échanger avec la charmante Sylvaine, l'un conseillant à l'autre ses meilleures lectures. Pas si courant de trouver quelqu'un aussi  en adéquation avec mes goûts littéraires.  Vue vraiment  reposante sur la côte des Sables d'Olonne et sur le lac. Un appartement qui donne l'impression de vivre en vacances en permanence. Après un saladier entier de lentilles  je quitte Sylvaine regonflé, vraiment apaisé et riche de nouvelles perles pour mes future lectures. Le sentier longe d'abord la côte offrant de belles vues sur la côte rocheuse. Peu de monde, quelques surfeurs à l'eau  et beaucoup de plaisir à rouler dans ces conditions. La piste quitte ensuite la côte pour rejoindre des marais où je prends une sacré averse, devant m'abriter sous  un hangar en compagnie de 2 chevaux et d'un âne. Le chemin rejoint ensuite une côte assez sauvage par une route forestière qui permet l'accès à des kilomètres de plage. Je n'en verrai qu'une seule, déserte, avec son poste de voile et son école de surf.  La fin, vers la Tranche et la-Faute-sur-Mer sera moins intéressante, la piste longeant les départementales dans un paysage plat, champêtre. J'arrive à l'Aiguillon-sur-Mer, ville célèbre pour avoir subit de gros dégâts lors de la tempête Xynthia. Restaurants et vendeurs de fruits de mer, petit lac, je ne m'y attarde pas et rejoins ma famille du soir pour conclure la petite étape du jour. Un couple d’agriculteurs et une fille naturopathe, l'ambiance est très ...énergétique. Nous discutons beaucoup sur notre sensibilité aux ondes, notre intuition, l'Inde, le rôle des planètes et de la Lune sur la croissance des végétaux. J'avoue être la plupart du temps sceptique face à leurs arguments. Très bonne soirée avec un régal de palourde farcies et de galettes aux poireaux.

PAYS DE LA LOIRE/ non à l'aéroport, littoral bétonné, hôtellerie de plein air, marais, digues et polders
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