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3700 km sur mon vélo, du nord des îles Shetland au Lot et Garonne, à travers l'Ecosse, l'Angleterre et la France .

CORNOUAILLES/ falaises, pasties, eau turquoise, surfeurs et montagnes russes

Publié par Vincent Souyri sur 10 Juin 2013, 13:31pm

Les Cornouailles

Les Cornouailles

La musique qui m'accompagne...

Boscastle

Boscastle

Jour 38

 

ST GENNYS-TREYARNON

( 74,1 km , 4h53 , TOTAL: 2325 km)

 

OBJECTIFS : Visiter les ports coquets de la côte nord des Cornouailles, voir un musée sur la sorcellerie, passer par la mythique Tintagel et rejoindre une belle auberge face à l'océan

 

Une journée qui sur le papier ne semble pas trop difficile mais bien trompeuse. Ma carte au 1/400 000ème est un peu light pour montrer les côtes et les petites routes. Bref je vais me perdre, un peu, et monter des côtes, beaucoup. Je partage mon petit-déjeuner ( encore un énorme bol de lentilles) avec quelques membres de la communauté de la ferme. Je me crois vraiment dans le film « les Babas cools » avec Clavier et sa bande. Une dame, blonde avec un foulard dans les cheveux, enlace son amie en pull de laine trop grand. C'est l'heure des au-revoir. Peut-être pas Katmandou ou San Francisco...mais elle reprend la route. De jeunes pousses sont là pour prendre la relève, la fille qui partage mon dortoir est là pour voir, pour donner ses cours de yoga et pour apprendre. Tous les clichés sont là. Je paye à l'un des membres en demandant mon discount pour une arrivée en vélo, la chef est appelée...car il y a toujours une hiérarchie dans ces communautés égalitaires. Premier arrêt du jour:Boscastle, petit port le long d'une rivière qui a subit une énorme crue en 2004 et dont les images passent en boucle dans le petit centre d'information. Cadre magnifique avec ce port tout petit et tordu, et ces belles petites maisons bien restaurées qui longent la rivière. Beaucoup de touristes déjà, j'imagine en saison. Cela reste très agréable et quel plaisir de revoir l'océan ! Je vais visiter le musée de la sorcellerie. Payant mais je suis assez curieux de ce monde que je ne connais pas. Très intéressant mais le froid et ma tenue vont me pousser à accélérer sur la fin.Petit autel en entrant pour célébrer les figures locales de la sorcellerie décédées : bougies, bout de bâtons, végétaux tressés, tout un code étranger. Le musée explique les persécutions horribles à travers les siècles, les rites, les potions, les poupées percées, les incantations... C'est un peu dérangeant quand même car très sombre et loin du monde des bisounours. Mandragores, chats séchés, cœurs percés et dans du formol, tarots, boule de cristal...Je préfère les sorciers genre Harry Potter, là c'est du sérieux.

Petite balade au bout du port où face à la mer j'imagine les bateaux d'antan venant s'abriter dans ses eaux calmes. Aujourd'hui il ne reste pas plus de 10 bateaux dans tous le village. Second arrêt : Tintagel. Lieu mythique pour avoir selon la légende été le berceau du Roi Arthur. Très, très touristique, un peu trop pour moi. Entre les pubs Arthur, les Merlins sur les murs, les boutiques Camelot...je me sens un peu dans un parc d'attraction. Les pasties (faites devant vous) et les glaces font bien envie mais je ne veux pas le prix touriste aujourd'hui. Petit lunch sur un banc le long du sentier du littoral, à côté du château Camelot. Superbes vues sur les champs et leurs moutons ainsi que sur la côte déchiquetée. Contraste entre le vert des collines douces et le bleu du ciel et de la mer. Vues sur les ruines du château de Tintagel qui s'étalent vraiment sur les derniers morceaux de terre avant l'océan.Pas plus d'émotions que ça. De Tintagel à Port Gaverne je vais vraiment affronter ma limite de pourcentage. Une locale m'avait prévenu mais devant une des côtes j'ai préféré la voie longue. Du 25%, je ne la sentais pas... Ce sont vraiment les montagnes russes. A fond sur les freins et arrêter net par la pente dès que cela remonte.Visiter des ports dans un relief de collines n'est pas de tout repos. Le petit port de Port Gaverne est bien joli : une petite plage , quelques bateaux sur des remorques ou échoués, un petit pub et des anciennes maisons de pêcheurs. Agréable mais les quelques photos anciennes m'apportent plus de rêve. Une petite grosse côte , une descente et me voilà au port voisin de Port Isaac.

Trop touristique pour moi...Un parking pour se garer (accès dans le village labyrinthique) et tout le flot de touristes descend une une rue vers le port. Très belles vues, avec les belles maisons et les oiseaux qui nichent à 5 mètres de vous depuis le sentier. Mais plus on descend plus cela se gâte. Un peu comme dans la rue principale du Mt St Michel ou de Rocamadour. Vendeurs de glaces, d'artisanat, BnB et pub. En plus une émission de télé se tourne devant le port...qui ne semble pas très actif mais il y a quand même des panneaux pour signaler des arrivages de crabes ou de homards alors..Je suis le seul sans une glace en main...un peu intrus...je repars vite par le même chemin. Vers Wadebridge je cumule les malchances : route nationale en travaux forçant les voitures à me frôler dangereusement et foire annuelle amenant un trafic monstre dans le coin. Je tiens ma ligne et force sur les jambes, un peu fatigué et impatient quand même. La fin vers Treyarnon sera bien plus agréable, seul sur des routes étroites et odorantes ( fleurs le plus souvent mais aussi..fumier) . Mon auberge de jeunesse surplombe l'océan et est longée par un sentier côtier où les surfeurs rejoignent leur spot, où les retraités et les touristes se promènent , profitant des nombreux bancs face à l'océan. Je me revois à Royan, longeant la côte entre Pontaillac et le centre-ville. C'est ici plus abrupte et sauvage mais il y a le même océan et les mêmes retraités, c'est peut-être la raison. Pas d'internet gratuit ce soir et je ne sais pas ou dormir demain...pas très confortable.Gros dîner de pâtes face à la mer,dehors, savourant ce coin avant que la pleine saison arrive. Je passe ensuite la soirée, non pas dans la partie bar de l'auberge, repère de surfers, mais avec 2 mamies dans la salle TV à regarder pour la nième fois Johnny English. Je me revois vraiment dans la salle d'Hunter Court, ma résidence d'étudiant à Birmingham : même style avec les canapés, quelques jeux et des restes de paquets de chips dans les coins. J'en apprécie d'autant plus l'instant.

 

Treyarnon Bay

Treyarnon Bay

Jour 39

 

TREYARNON-ST IVES

( 83,9km , 5h38 ,  TOTAL: 2409km)

 

OBJECTIFS : Rejoindre les terres des surfers vers Newquay et les artistes à St Ives en contemplant les falaises majestueuses bordant la route côtière.

 

Réveil matinal ce matin mais je dois vérifier mes mails et peut-être trouver où dormir ce qui ne pousse pas à lézarder au lit. Achetant pour 1 pound (l'arnaque...payer le WIFI dans une auberge de jeunesse) quelques minutes de connexion je peux partir rassuré : on peut m'héberger les prochains jours. Je quitte sous un temps décidément superbe la belle plage de Treyarnon, son eau claire et ses rouleaux glassy dans un calme matinal source d'apaisement. Premier arrêt : les Bedruthan Steps. Sorte de petits îlots rocheux détachés de la falaise donnant un petit air de côte sud australienne ( je pense aux 7 sisters ). J'y accède par un site protégé (Carnewas) , entre 2 cars de touristes, et rejoins vite le sentier du littoral qui longe les falaises en offrant en continu de superbes vues plongeantes sur les criques inaccessibles en contrebas. Très beau, à en devenir mélancolique. Pour plusieurs raisons. Je me dis d'abord qu'en touchant de près la beauté je réalise que ce n'est pas comme cela tous les jours dans une vie « normale » et que par conséquent je passe forcément à côté de choses splendides malgré mes efforts constants pour aller vers ce que ma planète apporte de meilleur à nos yeux. Je pense ensuite au moment où l'on quitte notre Terre. Comment vais-je réagir avec toutes ces belles choses entrevues dans mes 37 premières années plus celles à venir? Envie de poursuivre en réalisant avec regret tout ce qui restait à voir ? Ou sentiment de satiété et sagesse de celui qui en a bien profité ?Cette planète et ses habitants m'offrent tellement de bonheur que j'en reste tout pensif et ému. Nos vies devraient être remplies de ces moments mais je suis bien certain que nombre de gens, même parmi mes proches, en vivent si peu en une année. Qu'on leur demande et ils parlerons de plaisir mais de vrais moments de grâce ? Je sais que mon voyage en est rempli, quasiment tous les jours, ce qui est un très bon score. Assez pour tenir en rentrant, dans la vie normale.

Passage par Newquay, le Hossegor local. Pas vraiment le coup de foudre, très balnéaire, des boutiques de surf un peu partout et un sacré trafic en sortant de la ville. Je m'échappe dès que possible vers les villages de bord de mer comme Perranporth ou Portreath.Un peu toujours pareil : une sacré descente pour atteindre la plage et pareil pour en repartir. Choix entre 40 km/h et 5 km/h , les transitions sont dures. Des parkings payants partout et des panneaux Private ( une vrai plaie!), de très belles plages ayant des airs de côtes basques et des corps encore blancs. Les gens prennent le soleil, beaucoup sont torse-nu, état pour une fois adapté à la température, et certains courageux se baignent même. Bonne ambiance d'avant saison. Mon repas:une bonne pastie « pomme et porc », spécialité locale. A l'origine la viande et les patates étaient dans un coin, les pommes de l'autre et on jetait la croûte par mesure d'hygiène ( c'était le panier repas des gens d'en-bas). Bel et long arrêt au Hell's Mouth, une falaise vertigineuse et splendide, avec des vues sur des rochers où siègent des cormorans, des goélands et d'autres oiseaux marins. Assis au bord du précipice, avec mes jumelles ( faut bien qu'elles servent un peu...je me les trimbale quasiment pour rien depuis le début) je savoure ces moments de communion avec la nature...peu gêné par les quelques marcheurs que j'y croise. L'arrivée à St Ives est moins intéressante, tant je suis poursuivi et avalé par des hordes de voitures . Ce trafic me force à être en surrégime, à être super concentré et je n'aime pas ça. Sinon la ville est dans un cadre admirable. Classe comme Biarritz, des terrasses avec vues, une jetée, des plages en demi-cercle. Vraiment beau même si je ne vais pas en voir beaucoup plus me rendant chez David et Jo quelque temps après mon arrivée. Maison confortable en haut de la ville, vue sur l'océan, un cycliste, une artiste et un fils joueur de guitare. Tout pour me plaire.

Bedruthan Steps

Bedruthan Steps

 

Jour 40

 

ST IVES-FALMOUTH

( 90,6km , 5h48, TOTAL: 2500 km)

 

OBJECTIFS : Atteindre le Lizard Point, l'endroit le plus au sud de l'Angleterre (île principale), un des buts du voyage

 

Quoi ? Des nuages et de la pluie ce matin au réveil ! Je revérifie les prévisions météo...c'est bien du grand soleil qui est prévu pour la journée. Je patiente donc un peu avant de partir, n'ayant vraiment pas envie de remettre le gore-tex et de me tremper dans les flaques. On s'habitue vite au luxe des climats chauds et ensoleillés. Vers 10h, tout redevient clair dans le ciel et je quitte St Ives avec juste un peu d'eau sur les routes.Un dernier regard jeté sur la jolie ville depuis un point haut (the Terrace) profitant de ce site de carte postale qui mériterait bien une visite plus approfondie. Je fonce plein sud avalant la ville de Hayle par une route parfumée par l'odeur des algues et du varech. A petite dose c 'est exotique et vivifiant de bon matin. Vers Helston c'est bien moins intéressant : grosse route avec du trafic qui longe un aéroport et une base militaire il me semble. De là je ne suis plus qu'à une dizaine de miles du Lizard Point, endroit mythique pour les courses à la voile et un des buts de mon périple. Il signifie pour moi quasiment la fin de la partie britannique de mon itinéraire. Ce but sans importance et superficiel qu'on s'impose pourtant car il permet de transformer une errance à bicyclette en véritable projet. L'esprit se doit d'avoir un cap pour ne pas perdre le nord. Le mien sera...Lizard et plein sud. L'arrivée dans la petite ville de Lizard se fait par une route plate sans intérêt. Paysages qui pourraient être dans le nord-Médoc. Arrivé en ville, je vais être servi...moi qui me demandait si j'allais trouver à manger. Marchands de pasties, de glace..avec chacun son award où son slogan pour se différencier des autres. Je craque pour une pastie au steak, ma foi très bonne que je me refuse de déguster avant l'arrêt définitif au cap. La route se poursuit un peu vers le sud et arrive à un mini-parking ( encombré). Un ou deux cafés, une ou deux boutiques de souvenirs...et pas mal de touristes. Je file entre les gens sur le sentier goudronné et m'arrête, un peu ému, face à la falaise. J'y suis. Je réalise le chemin parcouru en me disant que quoi qu'il m'arrive maintenant j'aurais déjà réalisé ma petite aventure sur deux roues. Seul cycliste dans les environs je m'assois sur un rocher et contemple la vue. Je ne passe pas inaperçu avec mon bonnet de marin, mes guibolles bronzées et mon attitude contemplative, de circonstance quand on touche au but après un « long » voyage et qu'on pense au chemin parcouru.

La vue est superbe avec à gauche un petit phare entouré de nombreux bâtiments, en face de nombreux îlots rocheux où la houle s'écrase en continu, et en contrebas une ancienne base des sauveteurs en mer qui fonctionna jusqu'en 1961. Avant de partir je passe un petit moment vers le phare qu'on rejoint par une autre petite route et qui sera bien plus désert et tranquille que le cap en lui-même. Pierre blanche et grand soleil. Cela cogne vraiment, surprenant. Je suis dans le sud ...mais de l'Angleterre.

Au retour je passe au-travers de la péninsule de Lizard par de petites routes tranquilles au milieu d'imposantes antennes paraboliques (militaires je pense) pour rejoindre la zone d'Helford. Sorte de bras de mer qui s'avance dans la péninsule et dont les berges servent de lieu amarrage à de nombreux bateaux. Surprenant car on se sait vraiment loin de la mer et voir tous ces bateaux ici me fait m'interroger. Canal ou rivière ? Non , c'est bien un bras de mer tout fin. Entre Gweek et Falmouth je vais rouler sur de toutes petites routes, parfois très pentues et très étroites. Comme des tranchées dans le végétal. Vraiment. Je pourrais tomber sur le côté et être maintenu debout par ses parois vertes. Encore une fois je me surprends par ma forme physique.J'avale les côtes en accélérant et je me sens avec de la dynamite dans les jambes. Il y a bien longtemps ( depuis l'armée peut-être) que je n'avais pas eu cette sensation. D'habitude c'est plutôt «  je sens que je n'ai pas de jus ». Plus de 90 km aujourd'hui et je suis loin d'être à fond. Aucune douleur, des nuits parfaites, ce voyage est une cure de jouvence. J'arrive à Falmouth où je rejoins facilement Daniel, dans le Princess Pavillon, autour d'un très beau jardin au charme colonial. Le paysage et la végétation me font vraiment penser à nos villes de la côte d'Azur. Je pourrais être ici à Menton ou à St Maxime. Surprenant. Bien loin de tout ces autres paysages ou villes si britanniques que j'ai pu traversés lors du périple. Très bonne soirée avec ce jeune couple charmant d'israélien. Moral au top. Et toujours cette chanson d'Yves Montand dans la tête...La chanson des jours heureux...à bicyclette !

Lizard Point, point le plus au sud d'Angleterre

Lizard Point, point le plus au sud d'Angleterre

Jour 41

 

FALMOUTH-LUXULYAN

( 53,6 km , 4h07, TOTAL: 2553 km)

 

OBJECTIFS: poursuivre ma visite des jolies villes côtières et profiter de ma dernière nuit en Angleterre

 

Une journée de plus fabuleuse sous le soleil. D'après Imke qui me loge ce soir, elle n'avait jamais vu une si longue période de beau temps depuis qu'elle est en Angleterre. Je suis béni par le dieu du vélo. Je commence ma journée par un petit plaisir : un ferry pour rejoindre St Mawes, une jolie petite ville située juste en face d'un gros bras de mer nommé Carrick Road. Le bateau est vraiment tout petit et je dois enlever mes bagages et porter le vélo le long d'un escalier assez périlleux pour embarquer. Autour de moi, que des gens âgés qui partent se promener. J'adore toujours autant ces atmosphères de port : les bateaux à l'ancre, les gros navires militaires, les grues de débarquement, le bruit des goélands, du moteur et la brise au moment du départ. J'aperçois un gars tout sec en rasta sur un petit voilier un peu décati. Il m'a tout l'air d'un tour-mondiste sans le sous. Le genre de gars que l'on doit trouver dans chaque port de la planète. Tant d'aventuriers anonymes qui ne font pas de vagues. L'arrivée sur St Mawes est remarquable avec un gros fort ou château à gauche du port, une grande baie ouverte et pas mal de plaisanciers en sortie dominicale. Deux jeunes filles courageuses nagent dans l'eau claire à 11° pour rejoindre un ponton. Je file tranquillement le long de la belle route côtière, passe par des côtes toujours aussi terribles et rejoins le petit port de Portloe, vraiment petit et charmant. 30 mètres de large, entre deux collines, quelques bateaux à marée basse. Très bonne atmosphère et pour une fois juste un pub et un restaurant. Je passe ensuite par quelques petites plages : une privée ( c'est bien écrit en GROS) une autre publique mais à l'accès payant, comme toujours ici. Comment peut-on avoir une plage privée ? Ici ils peuvent.Et pas une petite. Arrivé dans le port de Mevagissey, j 'erre un moment à la recherche d'un bon endroit pour manger. Dimanche, à la recherche d'un sunday roast...mais pas simple de garer son vélo dans un pub.Je vais me rabattre vers le cheese-burg with chips...avec vue sur le port quand même. Car l'intérêt du lieu, et les nombreux touristes l'ont compris, c'est le port. A moins que ce ne soient les glaces, impensable pour un anglais de ne pas en avoir une en main. Comme toujours les arrivées vers les villes portuaires se font par de vertigineuses descentes, ce qui n'est pas habituel chez nous : en Aquitaine ou sur la Côte d'Azur , les arrivées sont bien moins spectaculaires. Le port est double, et de structure assez complexe. Jetées, phare avec pêcheurs de maquereaux, vendeur de poisson frais et même un petit musée que je visite avec plaisir. Il relate la vie des habitants de la ville au temps d'avant avec les photos en noir et blanc, quelques scènes de la vie de pêcheurs reconstituées, la remorque du laitier des années 60 ou encore un exemple de pierre de la prison à laquelle deux détenus se devaient d'être attachés. Très sympathique, intéressant...et gratuit. Un bien joli coin. Je file ensuite vers St Austell, ville que je trouve sympathique car bien calme un dimanche. Imke qui me loge m'avouera que c'est une ville assez pauvre, comme une grande partie de la population des Cornouailles, avec beaucoup de magasins discounts. Les Cornouailles sont un paradis pour les propriétaires de maisons secondaires mais difficile à vivre pour la population locale. Peu de travail hormis dans le tourisme, l'agriculture et un peu pour extraire quelque minerai du sous-sol. Quelques kilomètres au nord de St Austell, j'arrive dans le petit village de Luxulyan où Imke me loge ce soir. Au programme, un bon barbecue dans le jardin en compagnie des ses enfants, adolescents...et de leurs amis. Je pourrais ne pas être à l'aise mais leur maturité et leur politesse me surprennent et je passe une bonne soirée, comparant les règles et les relations profs- élèves dans nos pays respectifs ou observant d'un œil curieux ces jeunes adultes se questionnant sur l'autorité et en pleine métamorphose intellectuelle. Crumble à la rhubarbe, custard cream, feu de cheminée...Très bonne ambiance.

 

Port de Mevagissey

Port de Mevagissey

  

Jour 42


LUXLUYAN-PLYMOUTH

( 63,4 km , 4h35 , TOTAL: 2616 km)


OBJECTIFS : Terminer la partie britannique de mon voyage, rejoindre mon ferry à Plymouth pour traverser la Manche


Je passe la matinée à rattraper mon retard pour mes requêtes, mon blog, mes photos, mes vidéos, mes itinéraires...Travail de romain et je fatigue de passer tant de temps derrière mon ordinateur. Couchsurfing+blog = esclavage numérique volontaire. A réfléchir pour le prochain voyage mais cela va être un sacré dilemme de sacrifier l'un ou l'autre. Ou alors optimiser encore et encore mais là je ne sais plus trop quoi faire. Bref...alors que les enfants font la grasse matinée, je bosse mon projet comme je préparerais un cours. Imke me sortira de là pour aller manger à l'Eden Project. Immenses serres (record mondial je crois) construites dans une ancienne carrière désaffectée. Ambiance X-files ou James Bond avec ces structures alvéolées en forme de chapiteau. Immenses parking qui se remplissent en saison, prix d'entrée élevé ( 23 livres) mais paraît-il un must, tout le monde est d'accord. Je verrai juste le site depuis la cafétéria sans trop penser à ce qu'il y a voir pour ne pas repartir trop frustré. Imke a bien essayé de me faire rentrer à l’œil avec sa carte de résidente, cela n'a pas marché mais de toute façon je n'avais pas le temps. Je dois être à Plymouth ce soir pour prendre mon ferry et je ne veux pas stresser en route. Dernière pastie et scone à la crème. On coupe le scone en deux et on y étale une énorme couche de crème et une autre énorme couche de confiture de fraise dessus. Un peu écœurant quand même avec la dose que me conseille Imke. Et attention à la guerre entre le Devon et les Cornouailles...l'un met la crème dessus, l'autre dessous. Chargé de gras et de sucre je peux prendre la route et quitter cette sympathique famille pour digérer tout ça sur mes dernières routes anglaises. Alors que je pensais avaler ces kilomètres comme un mini-canelé je vais en fait un peu souffrir cette après-midi. Mélange d'impatience d'arriver au port, de météo venteuse et un peu froide, de routes vraiment terribles pour le moral, d'erreurs de navigation et d'alimentation peu optimale. Routes comme creusées dans les champs, ne laissant voir que les murs végétaux, les panneaux « pente à 20% » et les 4x4 qui m'arrivent en face . Dur pour le moral : je vois le village sur la colline en face et je sais que la route va foncer droit en bas, souvent pour passer un pont, pour remonter tout droit en face. J'avoue pester un peu aujourd'hui car je ne m'attendais pas à cela et mes jambes peinent par lassitude. C'est aussi le fait de partir tard et de se relâcher mentalement. En me perdant je rallonge aussi beaucoup mais j'ai du mal à choisir la voie « facile » en prenant les grosses routes. En mode bourrin j'avale du dénivelé. Quand je me perds et que je demande les gens sont un peu évasifs parfois...comme si au-delà des 5 km de leur maison c'était l'inconnu. Imke me parla de ces gens des Cornouailles qui disent être allés un fois à Plymouth et pas plus loin. Certaines personnes prennent la même route toute leur vie et sont donc un peu perdus dès qu'un inconnu leur demande d'autres chemins. Je choisis pour rejoindre Plymouth le petit ferry pour piétons de Cremyl. L'embarcadère de Cremyl demeurera longtemps pour moi un mystère. Lorsqu'on roule vers un port on s'attend à une lente descente et à un final un peu plat. Là, jusqu'au dernier miles je ne vais pas voir de répit. La, enfin, ultime descente me montre de belles vues sur Plymouth mais je n'ai pas l'âme du photographe dans mes sacoches aujourd'hui. Le ferry est vraiment tout petit et l'embarcadère encore acrobatique avec un vélo. Pour moins de 2 pounds et en moins de 10 minutes il me transportera, avec les 2 autres passagers juste en face, dans un quartier de la ville. L'arrivée est remarquable. Le bateau est vraiment au bout d'une petite rue en pente avec quelques pavés, comme on pourrait s'imaginer les petits ports de Londres à l'époque Victorienne, où les barques accostaient le soir à la lanterne. Pas un bruit, pas un chat, le capitaine attend sur le ponton pour sa future rotation. Je me demande bien à quoi il pense. Faire ce petit va et vient à la chaîne tous les jours...En tout cas,je sors de là assez réjoui par cette atmosphère originale. De là je rejoins vite l'embarcadère des ferrys pour la Roscoff, bien moins excitant. Attente très prolongée sous la pluie, sans abri la plupart du temps. J'avoue attendre impatiemment ma place au chaud dans le bateau. Je crois beaucoup de motards, une poignée de cyclistes comme moi dont un couple d'Australiens qui visitent la France à vélo pendant 3 mois. A bord, je m'offre d'entrée un gros plaisir au restaurant : dos de cabillaud avec sauce aux asperges et super gâteau à la chantilly et aux fraises. Les chefs sont français et cela se voit dans l'assiette.L'impression de retrouver la vraie nourriture. Je me régale vraiment. Puis la bonne douche, vraiment confortable, un peu de musique et de travail sur l'ordinateur et je tombe de sommeil dans mon petit coin couchage que je me suis organisé sous une table, sur la moquette. Royal, dans mon duvet, quasiment à poil. Il ne faut pas qu'il y ait une alerte ! Demain je me réveillerai en France.

Cream Scone

Cream Scone

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